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Chertsey Village Nourricier

Devancer la saison de culture grâce à une couche chaude

Par Marianne-Marilou Leclerc

Une couche froide, tiède ou chaude, ça vous dit quelque chose ? Il est effectivement possible de devancer ou prolonger la saison de culture autrement que dans une serre à l’aide du principe de couches. Il s’agit d’une manière de chauffer la terre à l’extérieur de la maison et ainsi permettre de débuter les semis aussitôt qu’en mars, même dans notre hiver québécois. Cette méthode ancestrale utilisée en Europe depuis fort longtemps est devenue assez populaire chez nous dans les années 50.

Le principe consiste à chauffer un terreau soit par des câbles ou des tapis chauffants soit, de manière plus écologique, par la décomposition de matières organiques, telles que du fumier, des feuilles mortes, du gazon, du jeune compost ou du BRF (bois raméal fragmenté). Avec du fumier de cheval, il est possible d’atteindre jusqu’à 80 °C ! Des feuilles mortes n’atteindront pas une aussi haute température, mais en contrepartie offriront plus longtemps de la chaleur. Cette couche de matière organique est communément déposée dans un cadre de bois et sous une couche de terreau. Le coffrage de bois servira à y déposer un châssis, emprisonnant ainsi la chaleur et protégeant les plants, telle une serre. Il est aussi important d’isoler cette structure, avec la même matière organique ou autres matériaux isolants. La ventilation est aussi essentielle, il faut donc pouvoir ouvrir les panneaux.

Avec ces couches chaudes, il sera ainsi possible de devancer la production de semis particulièrement pour les plantes ayant besoin d’une longue période de croissance ou les plantes tropicales (tomates, concombres, aubergines, gombo, etc.). À l’automne, vous pourriez aussi poursuivre vos cultures en y replantant, par exemple, de la laitue, des épinards, des bettes à carde ou des radis.

Si vous êtes intéressés à cette méthode ancestrale simple qui nécessite peu de composantes et ne requiert généralement pas d’électricité, il existe une panoplie de modèles. Donnez libre cours à votre imagination en réutilisant les matériaux à portée de main ou disponibles à l’écocentre.

Un merci tout particulier à Hélène Dubé, horticultrice, qui a offert un atelier en mars dernier, nous permettant d’approfondir ce mode de culture.